Heron Oblivion – Heron Oblivion [Sub Pop / PIAS]

Supergroupe. Le terme désigne communément un groupe formé de musiciens déjà largement reconnus pour leur travail au sein d’une ou de plusieurs autres formations. Très (trop ?) souvent d’actualité ces derniers temps, il a rarement aussi bien sonné qu’avec le nouveau projet californien Heron Oblivion. Voilà ici en effet une super bande d’artistes aux CV bien remplis qui nous propose un super premier album qui n’est pas sans rappeler les plus belles heures du folk et du rock psychédéliques des années 60 et 70 et marquera pour longtemps ceux qui lui accorderont toute la super attention qu’il mérite.

Heron Oblivion le supergroupe, c’est donc d’abord la réunion de 4 grands talents expérimentés vivant dans la Baie de San Francisco : Meg Baird (Espers, Watery Love et, est-il besoin de le rappeler, auteur l’an dernier d’un magnifique troisième album solo chroniqué ici même) au chant et à la batterie, Ethan Miller (Comets On Fire, Howlin’ Rain) à la basse, Noel Von Harmonson (Comets On Fire, Six Organs Of Admittance, Sic Alps) et Charlie Saufley (Assemble Head in Sunburst Sound) à la guitare. La formation du groupe qui remonte à 2013 est avant tout le fruit de l’amitié (les quatre artistes, qui partagent un amour commun pour la musique psychédélique et les groupes underground noisy, se connaissent en effet de longue date) et de “jam sessions” n’ayant au départ pas d’autre objectif que la simple recherche du plaisir musical. L’enregistrement de l’album, dont l’écriture résulte directement de ces séances d’improvisation, s’est fait de façon totalement indépendante, courant 2014, dans le studio d’Eric Bauer, The Mansion, repaire notamment des voisins californiens Ty Segall et Thee Oh Sees. Immédiatement séduit par le projet, le label Sub Pop signe la bande qui a depuis assuré des premières parties pour The War On Drugs, Kurt Vile ou encore Cass McCombs.

La biographie est impressionnante, cela est incontestable. Pour autant, là n’est pas le plus important. En effet, Heron Oblivion le supergroupe c’est aussi et avant tout un son incroyable qui obsèdera l’auditeur longtemps après la fin de son écoute. Une empreinte musicale unique bâtie autour de l’union incandescente de deux forces contraires. D’un côté, la douceur et la pureté de la sublime voix cristalline de Meg Baird dont le chant éthéré parle d’amour, de nature et de grands espaces. De l’autre, la rage et la fièvre du jeu de guitares de Noel Von Harmonson et Charlie Saufley, tortueux et distordu à souhait sous l’effet de pédales wah-wah utilisées à plein régime. La tension permanente qui résulte de la confrontation de ces deux mondes que tout oppose emporte celui qui s’y abandonne dans un voyage au long cours, parfois serein (le planant “Seventeen Landscapes”), souvent déchaîné (les furieux “Oriar” et “Faro”), toujours mélodique et incroyablement intense. Car, et c’est là que réside véritablement la magie Heron Oblivion, le groupe parvient à créer tout au long des 7 titres de l’album un équilibre permanent entre ces deux pôles qui ne cessent de se chercher, s’approcher, s’affronter, se répondre et au final s’unir pour former une harmonie d’ensemble réellement captivante. Un équilibre indestructible préservé grâce au rythme donné par le jeu de batterie de Meg Baird, impeccable de finesse et de retenue, et au toucher de basse d’Ethan Miller, calme et imperturbable même au plus fort de la tempête.

Pièce centrale et sommet de l’album, les presque 10 minutes 30 de “Rama” constituent très certainement l’exemple le plus abouti de cette parfaite alchimie musicale : une mélodie planante, le chant envoûtant de Meg enveloppé de riffs de guitares déchirants, un moment de batterie complètement aérien, puis enfin 2 minutes 30 d’explosion sonore lorsque d’un coup soudain les guitares enragées de Noel et Charlie se mettent à rugir pour un final assourdissant de toute beauté.

En conjuguant au présent le meilleur du folk et du rock psychédéliques des années 60 et 70, en revisitant de façon moderne et brillante les meilleurs moments de Jefferson Airplane, Fairport Convention ou encore Neil Young époque Crazy Horse, Heron Oblivion le supergroupe réalise avec ce super premier album un véritable coup de maître. Et ça, et bien, c’est tout simplement une super nouvelle !

Lolo from Paris

Bonus : Fermez les yeux et laissez vous emporter par cette version live de “Beneath Fields” filmée à Big Sur, Californie, en septembre 2015.


Date de parution de l’album : 4 mars 2016

Pour en savoir plus : https://heronoblivion.bandcamp.com/ ou https://www.facebook.com/Heron-Oblivion-1613161242245463/


Chronique également disponible sur A l’écoute

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