Flock of Dimes, en concert @L’Espace B, Paris, le 3 octobre 2016

Flock Of Dimes. Derrière ce patronyme un peu mystérieux se cache Jenn Wasner, formidable artiste américaine révélée au public avec son groupe Wye Oak, il y a déjà près de 10 ans. Forte de son parcours collaboratif, c’est désormais seule que la jeune trentenaire a décidé de revenir vers nous, en sortant fin septembre If You See Me, Say Yes, un excellent premier album solo paru chez Partisan Records. Avant une tournée nord américaine conséquente, la jeune femme nous a fait l’honneur de venir célébrer l’événement en Europe avec 3 dates exclusives, dont Paris calée entre Berlin et Londres. Impossible pour la fan de longue date que je suis de manquer le rendez-vous !

dsc_8474

C’est pourtant avec un sentiment de tristesse mêlé de frustration que la soirée débute. Le public de L’Espace B est en effet ce jour là bien clairsemé, une vingtaine de personnes seulement s’étant déplacées pour l’occasion. Pourquoi ? Une promotion de l’événement insuffisante ? Un manque de notoriété pour le nom de Flock Of Dimes ? Un trop grand nombre de concerts programmés aux quatre coins de la capitale au même moment ? Un peu pour toutes ces raisons sans aucun doute. Il n’empêche. C’est une réelle impression de gâchis que j’ai au fond de moi alors que Jenn monte sur scène un peu après 22 heures.

dsc_8311

La jeune femme ne semble cependant aucunement déstabilisée par tout cela. C’est avec un sourire affectueux qu’elle salue son public et entame son set. Seule au milieu de tous ses instruments (une guitare, une basse, un clavier, un ordinateur, des pédales et boutons d’effets de toutes sortes), l’américaine se présente à nous en véritable femme orchestre, prête à nous démontrer toute l’étendue de son talent. Et tant pis pour les absents. Pour Jenn, le plus important semble bien de partager avec les personnes présentes le bonheur que représente pour elle la sortie de son album. Et dès le premier morceau, il devient évident que le moment à venir sera incroyablement magique et précieux. Les titres s’enchaînent, suivant à peu de choses près l’ordre de l’album, et emportent le public dans un voyage totalement envoûtant. L’artiste prend le temps d’échanger et d’expliquer le sens de ses chansons, toutes très personnelles. Elle prononce même quelques mots en français avant de s’excuser en riant de ne pouvoir réellement converser dans notre langue malgré 7 années d’étude à l’école. C’est ce soir son “fucking first pop show ever in Paris”. Elle est bien décidée à en savourer chaque instant.

dsc_8313

Et le plaisir est sans conteste le sentiment qui au final résumera le mieux la tonalité générale du concert. Le plaisir de jouer pour Jenn d’abord. Passant d’un instrument à l’autre, la jeune femme démontre une maîtrise impressionnante de son art. Le sourire ne quitte quasiment jamais ses lèvres. Ses yeux souvent se ferment, tant elle semble elle-même transportée par sa propre musique. Son corps esquisse des mouvements de danse sur les titres les plus pop, emportant avec elle un auditoire totalement conquis (ahhh cet enchaînement incroyable de “Ida Glow”, “Flight” et “Semaphore” !).

dsc_8457

Le plaisir de l’écoute pour le public ensuite. Mêlant brillamment sonorités synthétiques et tonalités rock, Jenn réussit avec brio cet exercice périlleux du virage synth-pop. Les nappes électroniques donnent aux titres un côté aérien et planant totalement envoûtant tandis que les riffs de guitare et de basse leur apportent fulgurance et chaleur. Sous un aspect pop et plutôt léger au premier abord, les chansons révèlent au fil du set une réelle richesse de construction et de texture. Un peu barré et parfois imprévisible, le voyage sonore proposé ce soir ne laissera personne à quai. La voix de la chanteuse fait en effet le lien entre tous les éléments. Quelle voix ! Sans aucun doute l’une des plus belles de la scène américaine actuelle. Puissante et profonde, elle apporte aux compositions intensité et passion. Irrésistible.

dsc_8497

En 45 minutes de set, Jenn s’imposera comme une grande artiste, une femme sincère et totalement engagée dans son art. Elle nous prodiguera également une magnifique leçon d’humilité et de générosité, donnant tout à ceux qui se seront déplacés pour venir la voir. Qu’ils soient 20 ou qu’ils soient 100, peu importe finalement. Le dernier morceau, “One Day In Paris” (une reprise du groupe canadien Martha & The Muffins), clôturera la soirée de la plus belle des façons et avec beaucoup d’émotion. Pour tout cela, merci Jenn.

Lolo from Paris


Crédit Photos : Jean-Marc FERRE


Pour en savoir plus : http://www.flockofdimes.com/ ou https://www.facebook.com/flockofdimes/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s