Not Even Happiness – Julie Byrne [Ba Da Bing Records / Basin Rock]

Follow my voice, I am right here”. C’est sur ces mots tout à la fois mystérieux et réconfortants, chantés dans un doux murmure et simplement accompagnés d’une délicate guitare acoustique, que Julie Byrne ouvre son second album, le superbe Not Even Happiness sorti il y a tout juste un mois. Impossible dès lors, pour l’amoureuse de jolie folk que je suis, de ne pas accepter cette invitation au voyage et par là même me laisser prendre dans les filets exquis de ce disque au pouvoir d’enchantement presque sans limite.

Car Julie s’y connaît en voyages. Originaire de Buffalo et désormais installée à New York, l’américaine a en effet longuement voyagé à travers les Etats-Unis ces dernières années, posant ses valises de Pittsburgh à Seattle, en passant par Chicago ou encore La Nouvelle-Orléans. Et chacun de ses morceaux résonne comme une invitation à l’accompagner, ici dans les déserts du sud-ouest, là au sommet des montages du Colorado si chères à Karen Dalton ou bien encore sur les rivages humides de la côte du nord-ouest pacifique dont on entend littéralement les vagues à la fin d’un titre. “I crossed the country and I carried no key” chante la jeune femme, décrivant dans ses paroles un voyage au long cours qui n’a d’autre objectif que la découverte de soi-même au bout du chemin, envers et contre tous (“I’ve been called heartbreaker for doing justice to my own / Beyond this life, beyond all fear”). La poésie des textes mélange admirablement le langage de la nature à celui des relations humaines et amoureuses qui forgent et font grandir une personne (“I consciously died, I seen dew on a rose / I seen a double rainbow, I got a complicated soul” – “Sun split ember / Fields that span both ways forever / When I first saw you / The sky, it was such a natural blue”). Des moments de doute sont bien sûrs parfois avoués, à demi-mots, (“There was a time I called you in the night / When darkness lived in me / And sleep it was not near”) mais ils cèdent très vite la place à une détermination sans faille dans la quête de la paix intérieure (“I was in my heart and I answered me” – “Life is short as a breath half taken / I could not wait to tell you the truth”).

Et nul besoin de cris ou de larmes pour deviner le chemin parcouru. La magie de l’album reside précisément dans la douceur extrême avec laquelle Julie arrive à nous transmettre les émotions ressenties au fil de son aventure, intérieure autant qu’extérieure. Impeccablement produite, l’instrumentation est ainsi bâtie autour de la guitare dont toute la richesse sonore se révèle au gré du fingerpicking averti de la jeune femme. Des effets de reverb parfaitement dosés, l’ajout de quelques cordes ou encore d’une flûte, mais aussi un intermède instrumental à mi parcours, et d’irrésistibles notes synthétiques distillées en toute fin de disque, viennent apporter une delicate touche aérienne à l’ensemble. Tandis que le vrai trésor de l’album, celui qui en constitue l’essence première, se trouve dans la voix de la chanteuse. Une voix magnifique, chaude et parfaitement maîtrisée, qui rappelle les grandes Joni Mitchell et Sandy Denny. Une voix au pouvoir quasi mystique, qui, sans jamais forcer, parvient à transporter l’auditeur dans une autre dimension.

En 2015, Meg Baird délivrait avec son superbe “Don’t Weigh Down The Light”, un nouveau classique instantané de la musique folk. Il ne fait aucun doute que Julie Byrne s’apprête cette année à suivre le même chemin, tant son admirable Not Even Happiness résonne immédiatement comme un album de folk précieux et intemporel. Et lorsqu’elle vient nous murmurer “I’ve been sitting in the garden / Singing to the wind / Searching for an anchor / I’ve been seeking God within”, nous ne pouvons effectivement que définitivement succomber à la magie enchanteresse et presque irréelle de sa musique.

Lolo from Paris

Bonus : Magnifique version live de l’irrésistible “Natural Blue” donnée lors du prestigieux End Of The Road Festival en septembre 2016


Date de parution de l’album : 13 janvier 2017

Pour en savoir plus : http://juliemariebyrne.com/

ou https://juliembyrne.bandcamp.com/album/not-even-happiness

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