The Weather Station – The Weather Station [Paradise of Bachelors / Differ-Ant]

Révélée en 2015 grâce au précieux label Paradise of Bachelors qui publiait alors son 3ème album, le très beau Loyalty, Tamara Lindeman (alias The Weather Station) nous revient cette année avec un magnifique 4ème opus éponyme. Un disque intime et lumineux qui marque une nouvelle étape dans le parcours de l’artiste désormais également productrice. Reine d’un songwriting en tout point exquis, Tamara nous y livre en effet sans doute ses plus belles chansons à date, les plus personnelles aussi.

Incroyable poète du quotidien et narratrice hors pair, la jeune femme possède ce sens unique du détail (“I noticed fucking everything : the light, the reflections, different languages” – “Thirty”) qui lui permet de délicieusement saisir les nombreux méandres du fleuve de la vie. Construits comme autant de courtes nouvelles au verbe riche et abondant, les textes de la canadienne révèlent ainsi une écriture sensible et réellement poignante : “I ask for your hand (…), some infinite understanding. But I don’t know anything of what I am asking. I have no idea of what it will entail. I asked for your hand like it was too intimate to ask for your mind, or to count on kindness, like I count only on your presence, like I don’t count on nothing else. Oh, it was always a marriage, from the moment that you stopped in my hallway, shy as anyone I’d ever known, curious and alone” (“You and I”). Ils savent aussi se faire impeccablement directs, voire même incisifs, quand il s’agit de régler ses comptes avec le passé pour célébrer une liberté enfin (re)trouvée: “Was I free as I should be, or free as you were? Is it me that you’re talking to? I never could stand those simple words (…) All these years I have followed you ; it never occurred to you to follow me” (“Free”) – “I felt like I was descending some strange inverted tower, looking for my power (…) I spent my whole life thinking that I was some kind of coward” (“Power”).

Choisis avec soin, les mots voient leur puissance démultipliée par la qualité d’interprétation de la canadienne. Un chant à la beauté rare porté par la voix inimitable de la jeune femme. Une voix vibrante, douce et cristalline, toujours aussi irrésistiblement envoûtante. Une voix que l’artiste enveloppe d’une énergie nouvelle en montant un peu le son et en accélérant le rythme aussi. Merveilleusement entourée – pas moins de 17 musiciens sont crédités, dont les invités Daniel Martin Moore, Nathan Salsburg (Joan Shelley), Ben Boye (Ryley Walker) ou encore Mika Posen (Timber Timbre, Agnes Obel) – Tamara nourrit ainsi son folk divin d’une intensité inédite, ici en explorant des territoires plus pop ou americana, là en écrivant des arrangements de cordes beaux à en pleurer.

“Je voulais faire un disque de rock and roll”, confie la canadienne. Si, avouons-le, sa musique évoque davantage Joni Mitchell ou Laura Marling que Patti Smith, l’urgence, la soif de liberté et la volonté d’affirmation de soi qui l’habitent font elles joliment écho à l’âme rock originelle. C’est bien là l’essentiel.

Lolo from Paris

Bonus : Portrait touchant et délicat de Tamara


Date de parution de l’album : 6 octobre 2017

Pour en savoir plus : http://www.theweatherstation.net/ ou https://www.facebook.com/TheWeatherStn/


En concert au Pop-Up du Label, à Paris, le 27 octobre 2017

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