First Flower – Molly Burch [Captured Tracks / Differ-Ant]

“On m’a souvent dit que je parlais doucement, et je crois que j’ai gardé ça en moi. J’ai l’impression que beaucoup d’entre nous ont intériorisé l’image de ce à quoi une personne “puissante” doit ressembler. J’espère que cela changera. Cette chanson est sur le fait de trouver sa force, et de la garder, sans avoir à s’excuser d’être soi-même” confie Molly Burch au sujet de “To The Boys”, extrait de son second album, First Flower. Au-delà du morceau auquel ils font référence, ces quelques mots résument en fait parfaitement l’essence même de l’ensemble de ce nouvel opus qui paraît 18 mois seulement après le très beau et acclamé “Please Be Mine”. Un nouveau disque réellement exquis qui vient confirmer tout le talent de sa jeune auteur-compositrice-interprète pour un songwriting gracieux et délicieusement rétro tout en nous livrant la bande-son parfaite pour un début d’automne savoureux.

Passée experte dans l’art de la pop élégante matinée de soul, Molly poursuit en effet ici son chemin hors des modes du moment pour nous offrir un son toujours autant nourri de l’Amérique des années 60 et rempli de mélodies addictives capables de transformer chaque titre en standard immédiat. Lumineuse et ample, sa musique caresse irrésistiblement l’oreille en accordant aux côtés d’une batterie aérienne et de claviers ou de cordes subtilement dosés, une place de choix à la guitare claire et ensorcelante de Dailey Toliver, partenaire de scène et de vie très présent tout au long du disque dont il a dirigé les orchestrations, et que l’on aperçoit sur la pochette aux côtés de sa compagne. Aimants et enveloppants, les riffs épurés du musicien viennent ainsi former un ballet passionné avec la voix de la jeune femme dont ils soulignent la beauté incroyable. Une voix que l’artiste a façonnée lors de ses cours de jazz vocal à l’Université de Caroline du Nord et qu’elle utilise ici comme un instrument à part entière, le plus flamboyant et essentiel de l’album. A la fois douce et autoritaire, chaude et complètement envoûtante, cette voix magnifique touche l’auditeur en plein cœur en évoquant, ici la force expressive d’Angel Olsen, là la sensualité irrésistible d’Hope Sandoval. Impossible dès lors de ne pas succomber aux superbes harmonies de “First Flower” répétant à l’infini “You are my man” ou bien au bouleversant “Every Little Thing” sur lequel la chanteuse chante mieux que jamais.

Forte de cette remarquable double empreinte vocale et sonore, Molly n’hésite pas à exposer toute sa vulnérabilité dans des textes poignants de sincérité. Une mise à nu émouvante qui révèle sa profonde anxiété naturelle et sa peur permanente de décevoir (“It’s in my nature to be guarded / I wish I was a wilder soul” (“Wild”) – “Constantly dreading the fear constantly dreading what’s real” (“Dagerous Place”) – “All the days I do try to be good and so kind / Sometimes it is hard to live that is why we must forgive / Every little thing every little thing for every little thing we’ve done / I’ve worn my body down I’ve worn my body down I’ve worn my body down I’m done” (“Every Little Thing”)) tout en célébrant l’amour et l’être aimé (“I like all of you / I like the things you say the things you do / (…) / You (you) you are my man (my man) / (…) / Just like the first flower that blooms in spring / To me you are you are my everything” (“First Flower”) – “You are my guiding light / How would I survive? / I don’t know what I would do without you by my side” (“Without You”)). Une démarche courageuse qui lui permet au final de pleinement affirmer sa détermination à être totalement elle-même et dont le triomphal “To The Boys” constitue le point d’orgue saisissant : “I don’t need to scream to get my point across / I don’t need to yell to know that I’m the boss / That is my choice and this is my voice / You can tell that to the boys (You can tell that to the boys) / (…) / Can you listen carefully? / I’m not what you want me to be and I never will / I hope you’re listening still”. Rarement rage d’exister aura été aussi finement exprimée !

“Je n’ai bien sûr pas les remèdes pour les guérir mais je voulais parler de toutes nos imperfections. Je n’aimerais pas que ceux qui écoutent ma musique pensent que je sais tout sur tout. Ce n’est pas le cas. Avec First Flower je souhaite juste être honnête”, explique Molly Burch. En choisissant de se laisser guider par sa seule franchise et avec une humilité profondément attachante, la jeune artiste nous prouve surtout qu’elle a décidément tout d’une grande !

Lolo from Paris

Bonus : Retour sur la bien jolie session live enregistrée pour Audiotree il y a 1 an et demi


Date de parution de l’album : 5 octobre 2018

Pour en savoir plus : http://www.mollyburchmusic.com/ ou http://www.facebook.com/mollyburchmusic/

En concert au Pop-Up du Label à Paris le 18 novembre prochain, mais aussi au Temps Machine (Tours) le 17 novembre et à la Lune des Pirates (Amiens) le 28 novembre

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